Au delà du fait qu'il soit sécurisant , il n'en restait pas moins quelqu'un d'une incroyable douceur , doté d'une grande sensibilité ; il masquait le tout d'une fausse candeur qui me faisait rire . Je me sentais vivant avec lui , surtout lorsqu'il me prenait dans ses bras , son regard naïf et malicieux à la fois braqué sur le miens . J'adorais respirer son odeur, légèrement musquée, mêlée de savon bon marché aux senteurs industrielles du coco , qui lui donnaient un petit coté enfantin du haut de ses vingt printemps. Quand je l'embrassais , j'essayais parfois , timidement ,de m'imaginer que c'était notre premier baiser , afin de ressentir ce fugace frisson, celui que l'on ressent à chaque première fois ,et qui , désinvoltement , emplit notre esprit d'un candide érotisme . Ses lèvres étaient douces , et leur contact sur mon corps presque glabre me submergeait de mille sensations différentes , et à chaque fois qu'il posait ses mains sur moi , il tressaillait , hésitant , interdit ,comme s'il avait peur de me briser entre ses doigts . Moi , je me sentais comme sans défense ; un léger frisson parcourait alors me nuque, et allait mourir juste au dessus de mes fesses .
J'étais prêt à céder à n'importe lequel de ses désirs . Parfois , il venait se reposer dans mes bras ,sa tête posée sur ma cage thoracique qui s'emballait , au fur et à mesure que son souffle chaud chevauchait le reste de mon torse. C'était durant ces instants là , où le temps semblait s'arrêter , que j'aurais voulu faire tout ce qui était en mon pouvoir pour le rendre heureux .Nous étions en osmose parfaite, et partagions ce moment qui était tout aussi solennel que n'importe quel plaisir orgiaque .On oubliait tout , aussi bien la faim, que la soif , et allions même jusqu'à nous rire de toute la misère du monde ; nous étions ensemble , tout simplement, et allons l'être , encore, en dépit du temps et de la distance , et que je t'aimerai ,tant qu'au moins un de tes soupirs me sera destiné .

